C’est l’histoire d’un clown qui voudrait bien sortir de chez lui mais qui ne peut pas parce que le monde extérieur lui fait peur. C’est l’histoire d’un clown qui voudrait bien dormir mais qui ne peut pas parce que quand il dort il rêve qu’il sort. Et ça lui fait peur. C’est l’histoire d’un clown qui ne peut ni sortir ni dormir mais qui n’a rien d’autre en tête.

Ça fait qu’il est bien sacrément malmené ce clown confronté sans cesse à sa plus grande peur et à sa plus grande obsession. Mais y se laisse pas faire. Y se laisse pas aller. Y se fait un corps à corps avec lui-même, une lutte de géant. Et puis, y prend son imagination à deux mains pour s’en sortir au propre comme au figuré. Parce que le désir pour un clown ça dure longtemps.

« Nous avons eu le désir de revisiter Solomonde créé fin 2009. Oui, revisiter plutôt que reprendre, car si la trame et de nombreux passages demeurent, nous avons cherché avant tout à re-découvrir, à re-faire vivre, à re-sentir et à… re-écrire. Le clown s’y est prêté volontiers. Lui qui ne cesse de tenter à être et à exister, secondes après secondes… »


… ils y sont, ils y sont tous, tous les gens, les autres gens, les autres tous, ils y sont tous, les gens tous, ils toussent tous, ils touchent tout, ils sont touche-touche, touchez touche-touche, touch en touche, dans les pousse-pousse, les pousses-touche, les pousses-auto, ils sont autos, les gens totos, gentilles autos, autos mâchés, machmallow dans les autos, les rototos, les gros totos les autos vroum qui font toto et chez casto t’as tout c’qui faut, qui font tutut, turlututut, vroum vroum, pinpon, tutututut, à t’entêter dans les totos dans les tutut, les re-tutut, tutut pimpon, à pas passer, c’est pas passé, pas pas passé, pan pan culcul, pan pan tutut, avec carrefour je positive, tututtutut, tic tac tic tic, tic tac tic vroum, vous passez pas, vous pas passez, passez par là, devant auchan, c’est plus marrant, c’est pas par là, c’est par là bas, tutututut, tic tac tuc tuc, ne doublez pas, ça passe pas, tutututut, ralentissez, accélérez, rétrogradez, rapetissez, aplatissez, emboutissez, écrasissez, prenez votre futur en main, pinpon pinpon, tic tac tic tac, tutututut, restez pas là, regardez pas, tournez par là, tic tac tic tic,, non non là non, ah non non non, interdiction, exécution, ne poussez pas, avancez pas, reculez pas, ne touchez pas, ne toussez pas, respirez pas, quand on a un cerveau, on a une fiat punto, ne bougez pas, vous grattez pas, ne doutez pas, marchez au pas, tournez vous pas, soyez papa, montez en puissance, prenez une longueur d’avance, à vous de créer, faites pousser vos idées, la vie, la vraie, grand-mère sait faire du bon café, on vous le dit, on vous dit ça, c’est ça qu’on dit, on y va pour gagner, on vous le dit, ça oui, ça et pas ça, c’est ça qu’on dit, faut être à l’heure, plongez dans l’bonheur, bienv’nu dans un mond’meilleur, on vous le dit, on vous le dit, c’est ça qu’on dit, les antibiotiques c’est pas automatique, on vous le dit, faut écouter, enregistrer, le nutella c’est du bonheur à tartiner, regardez là, c’est marqué ça, c’est ça qui faut, ça qui vous faut, il vous le faut, ça c’est très beau, c’est très très beau, le beau qui faut, la belle auto, la mototo, le mojito, le tropico, le trafico, le beau robot, le meccano, le mac dodo, tutututut, coicoincoincoin, le mac big do, mac big mac do, il vous le faut, il vous le faut, le beau big do, le big big mac au prix du bag mac big mac do, il vous le faut, le cheese mac big double mac do pour un mac cheese double long do, il vous le do, tutututut, totototo, dodododo, le fried mac chicken big bacon double long do, pour deux hot cheese and spice mac fish fried chicken do, to go to the donuts along the night light show and dance gogo to the dodo whith cocalo, ice cream coco and cocaco calo coco, cali calo la cololo, colococo, quand on a un cerveau, on a une fiat punto


Un clown qui ne peut ni sortir, ni dormir, forcément ça tourne en rond, ça essaie, ça réessaye, ça tangue, ça recommence, ça ressasse, ça imagine, ça bouge, et ça… parle. Ça parle une langue qui elle aussi, tangue, revient et recommence… jusqu’à faire une sorte de musique, une sorte de pâte, une pâte à musique qui dise la musique du monde et de son monde à lui au clown.

Le monde vu du clown, à quoi ça ressemble ? Qui peut le dire ? Sûrement pas le clown. Du moins pas celui-là. Il nous a semblé que le monde, notre monde, aujourd’hui, mais cela dure depuis pas mal d’hier(s), n’était pas, au clown pour le moins, un réconfort. Pour le pire, un étrange étranger, au clown le monde, et au monde le clown. Un mystère.

Le clown demeure en sa demeure devenue hors-monde, sa place s’est réduite à une absence, un no man’s land. Il habite la ligne étroite d’un passage impossible, là où se donnent à entendre le tumulte du monde et la peur en écho. Une silhouette sur le seuil…

Avec Solomonde, nous avons voulu un spectacle résolument « théâtral » en immergeant le clown dans une véritable situation dramatique, loin de l’enchaînement de numéros, qui exprime au plus près cette difficulté à sortir de l’aporie dans laquelle il se trouve et cet épuisement progressif des possibles… Pour cela, nous avons volontairement privé le clown, durant la première partie du spectacle, de son « attirail » traditionnel d’objets et d’inventions pour le forcer à se confronter au vide et à lui-même, à l’espace, au corps et au langage. Ce n’est que dans la dernière partie du spectacle qu’il parviendra par la force de son imaginaire à trouver une « porte de sortie ». Le traitement poétique du langage, l’utilisation de la vidéo (le rêve du clown) et du son (combat entre le clown et des bruits venus du monde extérieur), dans un décor minimaliste et particulièrement pictural, plonge les spectateurs dans un univers étrange où le tragique de la situation le dispute au comique clownesque.

 


Jean-Louis Baille et Lucie Gougat ont façonné un objet théâtral en trompe-l’œil, où l’on rit de bon cœur tout en sachant que l’on rit aussi un peu jaune. Jean-Louis Baille y atteint par moments un état de grâce dans la panique misanthropique de son clown qui hérisse les poils de plaisir, quand les mots défilent pour ne plus former qu’un ensemble inintelligible et pourtant si concret. Tout à coup, la comédie clownesque se fait tragédie. Telle est la magie de Solomonde. 
Victorien Robert, Les Trois Coups.

Malgré la distanciation que le rire crée forcément et les situations délirantes exposées, l’univers évoqué dans Solomonde nous renvoie à une réalité bien sérieuse, comme celles de nos angoisses intérieures, la maladie psychique ou notre place dans la société. (…) Solomonde a du Vladimir et Estragon en lui et son « faut y aller ! » qu’il ressasse inlassablement résonne comme un écho un peu primaire du dialogue stérile que l’on retrouve à plusieurs reprises dans En attendant Godot. (…)«  Allons nous en / On ne peut pas. ». Le spectacle, soutenu par des effets visuels et sonores remarquables, est réglé comme du papier à musique : une musique qui serait déjantée et burlesque mais en mode mineur… On en sort comblé, ravi d’avoir pu assister à une création théâtrale de tout premier plan. 
Philippe Kalman, La Théâtrothèque

Un bijou d’humour, d’intelligence et de drôlerie. Pour les enfants à partir de 9 ans et aussi pour tous les adultes qui aiment être émerveillés. 
Myrtha Liberman, Politis

Un spectacle très loin des numéros classiques de clowns, à partager en famille sans modération. 
Françoise Sabatier-Morel, Télérama Sortir

Ce spectacle de la Compagnie des Indiscrets est d’une très belle facture. Si on entre tout doucement dans son univers, tout décolle au moment où la vidéo intervient. Rien de gratuit dans le procédé qui intègre à merveille le spectacle. À ce moment-là tout devient limpide et le monde de Java devient réjouissant.  
M-C N, Le Pariscope

Avec sa dégaine de Droopy courageux mais pas téméraire qui sursaute pour un rien et ne dort pas de peur de rêver qu’il sort de chez lui, il déballe une armada de trouvailles poétiques de derrière son paravent. 
Marie Audran, Le Point.fr

Ce qui rend cet homme mélancolique et très nerveux c’est le monde du dehors – le nôtre – et son tumulte, son agressivité permanente, donc on ne rit plus ! Éternel et magnifique écart absolu des clowns : qu’il sorte dans le monde ou, cloîtré chez lui, rêve qu’il sort, l’homme est fait comme un rat. À tout instant comme un funambule sur la corde raide, Jean-Louis Baille est drôle à en « mou-rire » et bouleversant. 
Danièle Carraz, La Provence

Ce spectacle est métaphysique au point qu’on rêve de convaincre des directeurs d’écoles, de collèges et lycées d’y envoyer des classes entières. Un personnage dont les méditations sur le courage de vivre nous ont bouleversés. Cette pièce est une bénédiction. 
Christian-Luc Morel, Le blog de Marie Ordinis


 

Solmonde, cie des insdiscrets

Un spectacle de la Cie Les Indiscrets

Ecrit par Lucie Gougat et Jean-Louis Baille
Mise en scène : Lucie Gougat
Avec Jean-Louis Baille

Costume : François Siméon
Lumières et accessoires : Franck Roncière 
Création vidéo et spatialisation sonore : Paul Eguisier
Création sonore : Julien Michelet et Alain Labarsouque 
Décors : Sébastien Ehlinger et Alicia Maistre
Remerciements à Catherine Germain pour son regard et ses conseils

Durée : 1 h

 

production et soutiens

Coproduction : Compagnie des Indiscrets / Théâtre les 7 collines, scène conventionnée de Tulle. 

Soutiens : Centres Culturels – Ville de Limoges (résidences de création) ; Théâtre Daniel Sorano de Vincennes ; La Mégisserie, Scène Conventionnée de Saint-Junien ; Théâtre du Cloître – Scène Conventionnée de Bellac ; Théâtre la Chélidoine – Saint-Angel ; La Factorie à Val-de-Reuil ; Scène Nationale d’Aubusson ; Théâtre de la Marmaille, Limoges ; Théâtre Expression 7, Limoges ; Communauté de Commune Bourganeuf-Royère de Vassivière ; Le Dôme, Pôle Culturel et artistique Saumur agglo ; Centre Culturel Yves Furet, La Souterraine. 

La Compagnie des Indiscrets est conventionnée par l’État, Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) Nouvelle-Aquitaine et subventionnée par la Région Nouvelle-Aquitaine.

 

calendrier

Création 2009, reprise 2016.
Recréation envisagée pour Avignon 2021!

 
Dossier professionnel (pdf)  

 

Photos de plateau © Ernesto Timor