Et Après est un spectacle à propos d’un spectacle inspiré d’un spectacle…

C’est pas clair ? Reprenons dans l’autre sens. Au départ il y a Fugues, un projet sur le thème de la fugue et inspiré de la forme musicale de la fugue avec une équipe importante qui n’a pu aboutir et a été abandonné il y a trois ans par la compagnie. Après il y a Et Après, le spectacle prévu qui fait « suite » à Fugues avec une équipe réduite, sur le même thème mais autrement.

Et encore après, il y a ce spectacle, le vrai, auquel assiste le public en direct, qui n’est ni Fugues ni le Et Après prévu – même si un peu quand même – mais une sorte de fausse improvisation provoquée par le fait que le musicien du spectacle a disparu, donc que le spectacle ne peut pas commencer et qu’en attendant il faut bien s’occuper du public. Et le pire c’est que même quand le musicien réapparaît de manière totalement inattendue, ça continue… Enfin ça continue pas, ça continue à ne pas se passer comme prévu…

Confronté dès le départ à un événement déconcertant, une perturbation ludique et jubilatoire, le public est amené à accompagner pas à pas, œil à œil, les acteurs dans une trajectoire inattendue, faite de chutes, d’élans, d’arrêts, de rebondissements.

C’est en même temps un hymne au théâtre, à ses doutes, à ses failles et à ses espérances, et une remise en question de ses codes.…


On a voulu reprendre à notre compte l’expression d’Alain Badiou à propos de Beckett : « l’increvable désir ». De quoi ? De continuer, malgré tout, malgré le monde, malgré l’aujourd’hui, malgré la place effilochée du théâtre et de l’art en général, malgré les doutes, les arrêts, un projet abandonné, les accidents de parcours, les trucs qui vous tombent sur la tête au propre comme au figuré, les envies de fuir, de rester, de se cacher, de se montrer, de s’extirper…
Le désir quand même et toujours d’essayer, de repartir, d’improviser, laisser venir, ouvrir, lâcher, imaginer…
Le désir, encore de mettre tout ça, tous les côtés, les à côtés, les bons et les mauvais jours, les stop et les élans sur une scène de théâtre. A faire tenir ça en équilibre instable, en direct, comme on dit pour dire le risque de l’imprévu qu’est la vie.
Continuer à croire assez fort qu’à l’intérieur on peut se faire un monde qui a encore une bouche pour parler au monde.

Lucie Gougat et Jean-Louis Baille


Le thème de la fugue comme toile de fond. Manière de questionner notre rapport au monde et particulièrement ce moment où on entre en crise, où on se cogne à la réalité et où on ressent le désir impérieux d’aller voir ailleurs. L’essentiel étant de ne plus être là où on est comme on est.

La fugue, en tant que forme. Spectacle traversé de tout son long par cette forme de la fugue musicale, construit, structuré autour de cette sensation. D’un côté, donner l’impression que le spectacle s’improvise au fur et à mesure, en temps réel, dans un mouvement de fuite en avant et de sensation vertigineuse et de l’autre, écrire un spectacle très construit sous forme d’emboîtements, d’échos, de jeux de miroirs et de mise en abyme. On aurait pu appeler Et Après : Poupées Russes – ces petites poupées imbriquées les unes dans les autres. On en ouvre une et hop y en a une autre dedans. Et puis hop, encore une… etc. sauf que dans Et Après ce sont comme des surprises, des imprévus qui s’ouvrent les uns sur les autres, les uns après les autres, d’après en après, sur fil tendu de la fuite en avant, broderie ou mosaïque sur ce thème de la fugue. Il n’y a donc pas, à proprement parler, d’histoire, mais plutôt une tentative impressionniste de ce que ça peut être ça, la fugue, vu de l’intérieur, dans l’ici et maintenant d’un endroit qu’on appelle le théâtre et où ce qui se reflète c’est quand même sacrément la vie.

« Comment s’en sortir sans sortir ? » comme disait Gherasim Luca. C’est la question qu’on souhaite poser. C’est ça. On est là, ensemble, dans ce théâtre, dans ce lieu, dans cette place, dans ce monde. On est là et les choses ne se passent pas comme prévu et comme on voudrait, alors, qu’est ce qu’on fait ? Qu’est-ce qu’on peut faire ?

Reprendre l’expression d’Alain Badiou à propos de Beckett, « l’increvable désir » ? De quoi ? De continuer, malgré tout, malgré le monde, malgré l’aujourd’hui, malgré la place effilochée du théâtre et de l’art en général, malgré les doutes, les projets abandonnés, les accidents de parcours, les trucs qui vous tombent sur la tête au propre comme au figuré… Le désir, quand même et toujours de mettre tout ça, tous les côtés, les à-côtés, les bons et les mauvais jours, les stops et les élans sur une scène de théâtre. À faire tenir ça en équilibre instable, en direct, comme on dit pour dire le risque de l’imprévu qu’est la vie.


Expérience théâtrale assez inédite, bouillonnante et enthousiaste, Et Après… s’évertue à démonter les codes théâtraux, tout en construisant sur leur base. Une explosion d’humeurs en tout genre sur le thème de la fugue. Étonnant. Et détonnant. Tout pourrait commencer comme traditionnellement au théâtre. Un billet, une salle, une scène, des comédiens et des techniciens. Quoi de plus classique ? Oui, tout pourrait commencer comme traditionnellement au théâtre. Sauf qu’ici, rien n’est vraiment traditionnel. Car, comme on le sait, si un grain de sable peut enrayer les plus belles machines, ce n’est pas un grain que l’on y glisse là, mais bien une plage toute entière. Désordre garanti.On est donc invité dans une joyeuse pagaille, fort savamment orchestrée, où l’on joue avec tout.
Rue du Théâtre

C’est un « spectacle théâtral non identifié », créatif, surprenant, à fois loufoque, tendre et émouvant. L’attention reste soutenue malgré le ratage feint du spectacle et sa vacuité apparente. L’effet de surprise en est l’un des principaux ressorts. On peut faire confiance aux Indiscrets, débordants d’imagination, pour continuer à nous surprendre et à nous faire revivre de tels moments de théâtre qui ne sont pas vraiment du théâtre mais qui en contiennent toute la quintessence. Une bonne surprise dans ce Off si inégal qui se déguste avec gourmandise.
Le bruit du off

Tout peut alors péter, ruisseler de poésie et de colère, en musique et en mots charnels qui cinglent et réveillent, face à la violence de la réalité. « Comment on fait pour pas fuir ? Pour se coucher dans les bras du monde ? ». De pirouette en pirouette, de verbe haut en interrogation percutante, d’éclat de rire en riff de mini-guitare, les Indiscrets offrent au final la preuve par l’absurde des beautés du théâtre. Sans prise de tête.
La Voix du Nord

On pourrait résumer en vous disant que le travail des Indiscrets vous emmène dans un voyage au pays de l’absurde, saupoudré d’une once de tragicomique. Il faut accepter de lâcher prise pour les suivre dans ce spectacle dans le spectacle qui parle d’un spectacle. Vous y êtes ? Surtout ne prenez pas la fuite. Vous auriez tort et passeriez justement à côté d’une variation sur le thème de la fugue, d’une piste de réflexion sur notre rapport au monde, à la réalité, à l’impérieux besoin que l’on éprouve tous un jour d’aller voir ailleurs.
Il y a la surprise, le questionnement, le doute, l’espoir, l’attente, l’envie, le rire. Les Indiscrets se jouent des genres, cassent les codes, inventent une nouvelle forme d’écriture dans laquelle résonne l’esprit burlesque du clown.
Le théâtre côté cœur

Longtemps après le noir, le spectateur hésite entre éclats de rire, orgasme, sidération, lévitation. Les auteurs, les acteurs sont habités par le théâtre, ils sont le théâtre, ou autre chose, non identifié, mais tellement signifiant. Leur inventivité, portée par une cataracte de mots (maux ?), servie par le délire, l’énergie, la générosité, les surprises de la mise en scène… impose le respect.
Le Populaire du Centre

Le public est scotché par la mise en scène, la maîtrise technique de la vidéo et des lumières, par le jeu des acteurs et la qualité du texte, mêlant l’absurde à la poésie et cerise sur le gâteau il a beaucoup ri. 
L’Echo de la Haute Vienne


 

Et après, cie des insdiscrets - photo et graphisme © Ernesto Timor

Un spectacle de la Cie Les Indiscrets

Mise en scène Lucie Gougat
Avec Jean-Louis Baille, Paul Eguisier et Julien Michelet
Lumières, machinerie, effets spéciaux Franck Roncière
Construction Alain Pinochet (chef d’atelier CDN l’Union)
Bande son et musique Julien Michelet
Création vidéo Lucie Gougat, Jean-Louis Baille et Paul Eguisier
Vidéo, effets spéciaux Paul Eguisier
Avec la participation de Robert Delage, Marine de Bernard de Bayser et Marie Loret

Durée : 1 h 30

 

production et soutiens

Coproduction : Théâtre de l’Union – Centre Dramatique National du Limousin, Théâtre des 7 collines – scène conventionnée de Tulle, Théâtre du Cloître – scène conventionnée de Bellac.

Soutiens : Centres culturels – Ville de Limoges, Le Transfo – Art et Culture en région Auvergne, Scène Nationale d’Aubusson, Fabrique Éphéméride à Val-de-Reuil, Centre culturel Robert Margerit à Isle, Mairie de Billom et Théâtre de la Marmaille à Limoges.

La Compagnie des Indiscrets est subventionnée par la Région Nouvelle Aquitaine et conventionnée par l’État, Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) Nouvelle Aquitaine.

 

calendrier

Création 2014
Reprise prévue à l’automne 2020

 
Dossier professionnel (pdf)  

 

Photos et affiche © Ernesto Timor